Les mauvaises expériences avec une agence web se ressemblent toutes. Le site est livré en retard, il ne fait pas ce qu'on croyait, on ne peut pas le modifier soi-même, et personne ne sait qui possède quoi.

Presque rien de tout ça n'est de la malhonnêteté. C'est le résultat de questions qui n'ont jamais été posées, des deux côtés.

Voici celles qui révèlent le plus. Pour chacune, ce que la réponse vous apprend.

Sur la propriété

1. « Est-ce que je possède le site à la fin ? »

La seule réponse acceptable est oui, sans condition.

Le signal d'alarme : un site bâti sur une plateforme propriétaire que vous ne pouvez pas emporter. Vous ne louez pas un site — vous financez un actif.

2. « À quels noms sont enregistrés le domaine et l'hébergement ? »

Le domaine doit être à votre nom, dans votre compte, avec vos accès. Toujours.

C'est le point de blocage le plus commun dans les séparations difficiles. Un fournisseur qui détient votre domaine détient votre entreprise en ligne, votre courriel et votre référencement.

Si un fournisseur actuel détient le vôtre, réglez ça aujourd'hui, indépendamment du reste.

3. « Que se passe-t-il si on arrête de travailler ensemble ? »

Une bonne réponse décrit un processus : transfert des accès, export du contenu, remise du code, délai.

Une mauvaise réponse est vague, ou révèle que le site ne fonctionne pas sans un abonnement au fournisseur.

Sur ce qui est réellement livré

4. « Qu'est-ce qui est inclus, précisément, et qu'est-ce qui ne l'est pas ? »

Demandez la liste des pages. Un devis de « site web » sans nombre de pages ni portée de contenu produit des désaccords garantis.

Vérifiez en particulier : qui écrit les textes, qui fournit les images, combien de révisions, et ce qui arrive au-delà.

La rédaction est le poste le plus souvent flou, et celui qui bloque le plus de projets.

5. « Le référencement est-il inclus, et si oui, lequel ? »

« SEO inclus » ne veut rien dire. Faites préciser.

Une base technique — structure, métadonnées, données structurées, vitesse, sitemap — devrait être incluse dans tout site sérieux. C'est de la construction, pas une option.

Une stratégie de contenu continue, la recherche de mots-clés, les articles, l'acquisition de liens : c'est un service distinct avec un budget distinct. Un fournisseur qui laisse croire que la deuxième catégorie vient gratuitement avec la première vous vendra une déception.

6. « Le site sera-t-il bilingue, et comment ? »

Au Québec, cette question mérite du détail. « Oui, on ajoute le français » recouvre deux réalités très différentes.

Demandez : est-ce que chaque langue aura sa propre URL ? Le sélecteur de langue mène-t-il à la page équivalente ou à l'accueil ? Les pages françaises pointeront-elles vers des pages françaises ? Les hreflang seront-ils réciproques ?

Si ces questions surprennent votre interlocuteur, vous obtiendrez une traduction posée sur un site anglais — la version française sera plus difficile à atteindre, moins bien indexée, et incomplète.

7. « Pourrai-je modifier le contenu moi-même ? »

Faites-vous montrer l'interface d'édition sur un site existant, pas une capture d'écran.

Certaines choses justifient de passer par un développeur. Changer un texte, remplacer une photo ou publier un article ne devraient jamais en faire partie.

Sur la façon de travailler

8. « Qui va réellement faire le travail ? »

Il est légitime de sous-traiter. Il est problématique de ne pas le dire.

Demandez qui écrit, qui conçoit, qui développe, et qui sera votre interlocuteur. Une agence qui vend en personne et exécute par une équipe anonyme à l'étranger n'est pas disqualifiée — mais vous devez le savoir avant, pas au premier problème.

9. « À quoi ressemble le calendrier, et de quoi dépend-il ? »

Une bonne réponse identifie les dépendances de votre côté : contenu, images, accès, validations. La cause la plus fréquente de retard est l'attente du contenu du client.

Une réponse qui promet une date sans mentionner ce dont elle dépend est une date qui ne tiendra pas.

10. « Que se passe-t-il après le lancement ? »

Deux points à clarifier : la correction des bogues et la maintenance continue.

Les bogues d'un travail livré devraient être corrigés sans facturer. La maintenance — mises à jour, sauvegardes, surveillance, petites modifications — est un service payant. Faites préciser lequel est lequel, et pendant combien de temps.

Sur la preuve

11. « Montrez-moi un projet comparable au mien, et ce qu'il a donné. »

Un portfolio prouve qu'une agence sait produire quelque chose de joli. Il ne prouve pas que ça fonctionne.

Demandez des chiffres, et surtout comment ils ont été mesurés. « On a triplé leur trafic » sans période, source ni point de départ n'est pas une donnée.

Une bonne réponse ressemble à : « ce site est passé de X à Y positions sur ces requêtes entre telle et telle date, mesuré dans Search Console ». Une agence qui travaille sérieusement peut montrer ça.

Méfiez-vous des scores de performance affichés sans méthode. Un score obtenu en laboratoire sur un ordinateur portable n'est pas ce que Google utilise pour classer.

12. « Puis-je parler à un client actuel ? »

La question la plus simple, et celle qu'on pose le moins.

Un refus n'est pas nécessairement suspect — la confidentialité existe. Mais une agence qui a des clients satisfaits en trouve généralement un qui accepte une conversation de dix minutes.

Les réponses qui devraient vous arrêter

« On garantit la première position sur Google. » Personne ne peut garantir ça. Ni vous, ni l'agence, ne contrôlez le classement.

« Le référencement est inclus » sans autre précision. Voir la question 5.

Un devis sans nombre de pages ni portée de contenu.

« On s'occupe du domaine pour vous » sans préciser à quel nom il est enregistré.

Un prix très inférieur aux autres sans explication de ce qui est retiré. Il y a toujours quelque chose en moins : la rédaction, le nombre de révisions, la portée technique, ou l'après-lancement.

L'obligation d'un appel de vente avant tout chiffre. Ce n'est pas frauduleux, mais c'est un choix : le prix est une variable de négociation plutôt qu'une information. Vous avez le droit de préférer un fournisseur qui affiche ses tarifs.

Ce que vous devriez apporter

La négociation va dans les deux sens, et les meilleurs projets viennent de clients préparés.

Sachez répondre à ceci : qu'est-ce que le site doit accomplir, mesurable comment ? Qui décide, et qui approuve ? Quel est le budget réel ? Le contenu existe-t-il, et sinon qui l'écrit ? Quelle est la date qui compte, et pourquoi ?

Un fournisseur sérieux vous posera ces questions. S'il ne les pose pas, c'est un signal aussi.

Ce qu'il faut retenir

Vous n'achetez pas un design. Vous achetez un actif que vous devrez posséder, modifier et faire croître pendant des années.

Les douze questions ci-dessus prennent une heure au total. Elles vous éviteront la version où, dix-huit mois plus tard, vous découvrez que vous ne pouvez ni changer une phrase, ni récupérer votre domaine, ni expliquer pourquoi le trafic ne vient jamais.

Si vous préférez que ce soit fait plutôt qu'expliqué, voyez nos tarifs affichés.