Le domaine et l'hébergement sont choisis au début d'un projet, souvent en dix minutes, souvent par quelqu'un d'autre. Ce sont pourtant les deux décisions les plus difficiles à défaire ensuite.

Voici ce qui compte réellement, et les erreurs qui coûtent le plus cher.

Le domaine doit être à votre nom. Sans exception.

C'est la règle la plus importante de ce texte, et celle qu'on viole le plus.

Le domaine doit être enregistré :

  • au nom légal de votre entreprise,
  • dans un compte de registraire que vous contrôlez,
  • avec une adresse courriel administrative que vous possédez.

Pas « géré par votre agence ». Pas dans le compte de votre beau-frère qui s'y connaît. Pas sur l'adresse Gmail personnelle d'un ancien employé.

Le scénario qui se répète : la relation avec le fournisseur se termine mal, ou le fournisseur cesse ses activités, ou la personne qui détenait le compte n'est plus joignable. Vous perdez alors le contrôle de votre adresse web, de vos courriels professionnels, et de tout le référencement accumulé.

Récupérer un domaine dans ces conditions va de « quelques semaines de démarches » à « impossible ». Ce n'est pas un risque théorique — c'est le problème le plus fréquent dans les transitions entre fournisseurs.

Vérifiez aujourd'hui. Connectez-vous à votre registraire. Si vous ne savez pas qui c'est, ou si vous n'avez pas l'accès, c'est votre priorité de la semaine.

Un fournisseur peut légitimement gérer le domaine pour vous — configurer les enregistrements, gérer les renouvellements. C'est un service. La propriété, elle, ne se délègue pas.

.com ou .ca ?

Pour une entreprise québécoise, la réponse dépend de votre marché.

.ca signale une entreprise canadienne. C'est un léger avantage de confiance auprès d'une clientèle locale, et l'enregistrement exige une présence canadienne, ce qui rend le domaine plus difficile à squatter. Si vos clients sont au Québec et au Canada, .ca est un bon choix.

.com reste le réflexe par défaut mondial. Les gens le tapent sans y penser. Si vous visez au-delà du Canada, ou si vous vendez du logiciel, .com a l'avantage.

.quebec existe. Il est peu utilisé et peu reconnu ; réservez-le si vous voulez, mais n'en faites pas votre adresse principale.

L'extension n'est pas un facteur de classement significatif. Ne dépensez pas 8 000 $ pour un .com alors que le .ca équivalent est libre, sauf si votre marché est international.

Le conseil pratique : achetez les deux si le budget le permet, faites-en pointer un vers l'autre par redirection 301, et utilisez systématiquement le même partout. Une seule adresse canonique — l'autre redirige.

Les erreurs de nom qui coûtent

Les traits d'union multiples. mon-entreprise-de-plomberie-montreal.ca est difficile à dicter au téléphone et paraît bon marché.

Les mots-clés à la place du nom. plombier-montreal-pas-cher.com ne vous donne aucun avantage de classement notable et vous enferme dans une identité que vous ne pourrez pas faire évoluer.

Les orthographes créatives. Si vous devez épeler votre domaine chaque fois, vous perdrez du trafic direct pour toujours.

Les accents. Techniquement possibles, pratiquement problématiques : mal supportés dans certains contextes, pénibles à taper, et sources d'erreurs de saisie.

Un bon domaine se dicte au téléphone sans épeler. C'est le seul test qui compte vraiment.

L'hébergement : ce qui compte, et ce qui ne compte pas

L'hébergement est vendu sur des caractéristiques qui n'affectent presque jamais l'expérience réelle. Ce qui compte :

Le temps de réponse du serveur. Le délai avant le premier octet. Un serveur lent ajoute du retard à chaque page.

La proximité de vos visiteurs. Un serveur au Canada ou dans l'est de l'Amérique du Nord sert mieux une clientèle québécoise qu'un serveur en Europe. Un CDN atténue largement ce facteur.

Les sauvegardes automatiques, avec un historique et une restauration que vous pouvez déclencher vous-même.

Un certificat HTTPS, inclus et renouvelé automatiquement. C'est standard aujourd'hui ; un hébergeur qui le facture en supplément est à éviter.

Un environnement de préproduction, si vous modifiez régulièrement le site.

Un support qui répond. Le jour où votre site tombe, c'est la seule caractéristique qui compte.

Ce qui ne compte presque jamais : l'espace disque illimité (vous n'en utiliserez jamais le dixième), la bande passante illimitée (idem), et le nombre de bases de données.

Le piège du « tout inclus »

Beaucoup de fournisseurs proposent un forfait qui regroupe domaine, hébergement, courriel et site pour un montant mensuel unique. C'est pratique, et parfois raisonnable.

Le risque : ces services deviennent inséparables. Si vous voulez changer de fournisseur de site, vous devez aussi déplacer votre courriel et votre domaine — au même moment, avec un risque d'interruption.

Le découplage est plus sain : le domaine chez un registraire dédié, le courriel chez un fournisseur de courriel, le site où il doit être. Chaque pièce se remplace indépendamment.

Si vous acceptez un forfait groupé, posez une seule question au préalable : « si je pars, que se passe-t-il et en combien de temps ? »

Le courriel professionnel

Une remarque qui sort du sujet mais qui coûte des clients : n'utilisez pas une adresse Gmail ou Hotmail comme adresse d'entreprise. contact@votreentreprise.ca coûte quelques dollars par mois et change la perception immédiatement.

Et gardez le courriel séparé de l'hébergement du site. Quand le site tombe ou migre, le courriel doit continuer de fonctionner.

Ce qu'il faut vérifier cette semaine

1. Qui possède le domaine ? Connectez-vous. Si vous ne pouvez pas, réglez ça.

2. Quand expire-t-il ? Activez le renouvellement automatique. Un domaine expiré peut être racheté par un tiers, et le récupérer coûte cher — quand c'est possible.

3. À quelle adresse courriel le registraire écrit-il ? Si c'est une ancienne adresse, vous ne recevrez pas les avis d'expiration.

4. Le verrouillage de transfert est-il activé ? Il empêche un transfert non autorisé.

5. Avez-vous une sauvegarde du site que vous pouvez restaurer vous-même ? Une sauvegarde que vous ne pouvez pas récupérer sans votre fournisseur n'en est pas une.

Ces cinq vérifications prennent vingt minutes et éliminent la majorité des scénarios catastrophes.

Ce qu'il faut retenir

Le domaine est le seul actif numérique réellement irremplaçable. Le site peut être refait, l'hébergement changé, le design modernisé. Une adresse web perdue emporte votre référencement, vos courriels et vos liens entrants.

Mettez-le à votre nom, activez le renouvellement automatique, gardez l'accès. Le reste se corrige.

Si vous préférez que ce soit fait plutôt qu'expliqué, voyez notre service de maintenance et de support.